Cycle de conférences « Actualité des sciences sociales » 2023-2024, organisé par Romain DAVIERE et Hugo MESTAYER

  • Sixième conférence, le jeudi 29 février à 17h30, Maison de la Recherche, 28 rue Serpente, Paris 6e

    Stéphane Vaquero présente son ouvrage « Les ateliers de la domination scolaire« , La Dispute, 2022

    Stéphane Vaquero interroge les effets des dispositifs par ateliers interdisciplinaires qui se développent depuis une vingtaine d’années au collège et au lycée, à l’image des Travaux personnels encadrés (TPE). Le recours aux thématiques concrètes et quotidiennes permet-il de réduire les inégalités scolaires et sociales ? L’ouvrage montre que les élèves et enseignants y forgent un type spécifique de discours sur le monde quotidien, sur les références populaires et juvéniles. Il démontre comment la mise en forme scolaire de l’éclectisme culturel ou de la parole critique peut, paradoxalement, nourrir les formes contemporaines de domination scolaire, culturelle et sociale.

 

  • Cinquième conférence, le jeudi 1er février à 17h30, Maison de la Recherche, 28 rue Serpente, Paris 6e
    Claudia Senik
    présente l’ouvrage qu’elle a dirigé Le travail à distance. Défis, enjeux et limites, Paris, La Découverte, 2023. Lors de la conférence, Claudia Senik est revenue plus largement sur l’actualité de sa recherche et les résultats d’enquêtes récentes portant sur le télétravail et le bien-être au travail. L’un des principaux héritages de la pandémie de covid-19 est certainement l’extension des interactions fondées sur les technologies numériques de l’information, en particulier le travail à distance. Dans la plupart des pays, la situation a imposé un recours massif au télétravail pour tous ceux qui le pouvaient. Ce choc a accéléré une évolution ancienne, mais lente et inégale, alimentée par la numérisation de l’économie, permettant à certains de travailler en dehors des locaux de l’entreprise, à domicile ou ailleurs. Le télétravail, au moins partiel, est entré dans les mœurs et pourrait concerner aujourd’hui près de la moitié des emplois dans les pays développés.Après deux cents ans de séparation, le retour au domicile de l’activité économique soulève d’importants défis juridiques. Il est aussi porteur d’interrogations quant aux effets sur le bien-être des travailleurs : liberté accrue ou désocialisation, facteur d’innovation et de coopération renforcée ? Quelles sont les limites à l’extension du travail à distance ? A-t-il touché différemment les hommes et les femmes ?

 

  • Quatrième conférence, le jeudi 7 décembre à 17h30, 59-61 rue Pouchet, Paris 17e

    Margot Déage
    présente son ouvrage  A l’école des mauvaises réputations

    L’école est le théâtre de conflits réguliers qui se prolongent désormais en ligne. Ce livre analyse comment les élèves en viennent à subir du harcèlement, une situation dans laquelle ils et elles endurent des agressions répétées et ne sont plus en mesure de se défendre.

    À l’adolescence, l’intégration de l’élève dépend de sa réputation, des jugements du groupe à son égard. Les attentes sont très différentes pour les filles et pour les garçons. À cet âge conformiste, dire qu’un ou une élève « a une réputation » signifie qu’il ou elle a une « mauvaise » répu­tation, qui en fait potentiellement la cible de harcèlement et d’exclusion.
    Cette étude porte sur la manière dont les réputations façonnent les relations au collège et exposent les élèves à des risques. Elle repose sur une enquête qualitative dans quatre collèges franciliens de 2016 à 2018, menée à la fois en présentiel et en ligne (Snapchat et Instagram), et sur une enquête quantitative.

 

  • Troisième conférence, le jeudi 9 novembre à 17h30, 59-61 rue Pouchet, Paris 17e


François Purseigle
et Bertrand Hervieu présentent leur ouvrage Une agriculture sans agriculteurs

L’agriculture est devenue un sujet de débat dont chacun s’empare en ignorant la révolution indicible en cours : mutations souvent douloureuses, effondrement démographique de ce milieu professionnel, la fragilisation de sa place et de son image au sein de la société française, les inquiétudes environnementales.

La France se vit toujours comme un pays de petites et moyennes exploitations agricoles autonomes. Ce modèle, voulu de longue date et renforcé durant la période de modernisation de l’après-guerre, vole en éclats, laissant place à des formes nouvelles et très diverses d’organisation du travail et du capital agricoles. La figure du couple exploitant ses terres, l’osmose totale entre vie au travail et vie familiale, l’idée d’une immuable unicité paysanne, sont en train de s’effacer. À ces mutations souvent douloureuses s’ajoutent l’effondrement démographique de ce milieu professionnel, la fragilisation de sa place et de son image au sein de la société française, les inquiétudes environnementales.

L’agriculture est devenue un sujet de débat dont chacun s’empare en ignorant la révolution indicible en cours. Cet ouvrage s’applique à la mettre en mots afin de permettre une réflexion sur l’avenir qui ne laisse pas de côté les principaux intéressés.

 

  • Deuxième conférence, le jeudi 19 octobre à 18h, 59-61 rue Pouchet, Paris 17e

Serge Paugam
présente son ouvrage L’attachement social. Formes et fondements de la solidarité humaine
Hier comme aujourd’hui, l’individu ne peut vivre sans liens. Il passe sa vie à s’attacher ? ou à se rattacher après une rupture ? à sa famille tout d’abord, aux proches qu’il s’est choisis par nécessité, par amour ou amitié, à sa communauté ethnique ou religieuse, à ses collègues de travail ou à ses pairs, aux personnes qui partagent les mêmes origines géographiques, sociales ou culturelles, et bien entendu aussi aux institutions de son pays. Autrement dit, l’être humain est anthropologiquement solidaire. Ses attaches lui assurent à la fois la protection face aux aléas du quotidien, et la reconnaissance de son identité et de son existence sociale.
Dans le sillage de Durkheim, Serge Paugam définit l’attachement social comme le processus d’entrecroisement de ces différents types de liens. En redonnant à cette notion une assise à la fois théorique et empirique, cet ouvrage fondamental, nourri de dix ans de recherche internationale, éclaire les multiples manières qu’ont les individus et les groupes de faire société. Il montre que ces liens libèrent le plus souvent, mais peuvent aussi fragiliser ou oppresser, se rompre ou se compenser. Leurs forces et leurs faiblesses sont inégales selon les classes sociales et elles varient selon les normes que chaque société se donne.
Au terme d’une enquête comparative inédite à l’échelle mondiale (dans trente-quatre pays), Serge Paugam renouvelle ainsi la réflexion sur le développement social, les inégalités, les luttes et les formes de résistance à l’oppression. Et il interroge finalement l’ambition universaliste lorsque les frontières de la solidarité humaine s’élargissent à l’échelle de la planète.
  • Première conférence, le jeudi 28 septembre à 17h30, 59-61 rue Pouchet, Paris 17e

Nicolas Roux présente son ouvrage La précarité durable : Vivre en emploi discontinu
Les multiples crises qui émaillent la société depuis plusieurs années remettent régulièrement la précarité sur le devant de la scène, avec une tendance de fond : la multiplication des formes d’emploi discontinu, faisant alterner emploi et chômage dans la durée.
Cet ouvrage fait le pari de comparer deux populations que tout oppose à première vue, mais pour qui le contrat à durée indéterminée est l’exception : les saisonniers agricoles et les artistes du spectacle. Dans quelle mesure l’emploi discontinu est-il soutenable, c’est-à-dire supportable et acceptable par les personnes concernées ? Quelles ressources permettent de sécuriser leur situation ? Mais aussi, quelles satisfactions peuvent-elles en retirer malgré tout ?
Observer comment ces travailleurs s’adaptent, c’est prendre acte d’un fait social majeur de notre temps, qui veut que tout un pan de la population active soit éloigné des droits et sécurités rattachés à l’emploi stable. C’est aussi réinterroger une société qui, tout en produisant de la précarité à différents échelons, tend encore à la percevoir comme une réalité exceptionnelle et temporaire, alors qu’elle est pour beaucoup une condition durable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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