27 mai 2026, Présentation par Cyril JAYET de ses derniers travaux « La stratification sociale de la mobilité spatiale : une approche par l’analyse des réseaux », dans le cadre de la première séance du groupe de travail Nouvelles Ouvertures en Méthodes d’Analyse des Données Sociales (NOMADS), créé par Antoine HOUSSARD, Raphaël PITERS et Rémi PERRIER

A 11h en hybride, au lien suivant https://visio.numerique.gouv.fr/qxl-kgly-atn ainsi qu’en salle 255 du site Pouchet du CNRS (59-61 rue Pouchet, Paris 75017). Inscription au lien suivant https://cis.cnrs.fr/nouvelles-ouvertures-en-methodes-d-analyse-des-donnees-sociales/

Résumé de la présentation :
La recherche sur la mobilité spatiale et sociale a souvent mis en évidence la plus grande mobilité géographique des classes supérieures. Afin de proposer une description plus riche de la stratification sociale de la mobilité spatiale, cet article utilise l’analyse de réseaux pour décrire la mobilité spatiale. Les régions sont modélisées comme des nœuds, et les flux de mobilité entre régions constituent les liens qui les relient. Cette approche permet de construire des réseaux spatiaux qui rendent compte de l’ensemble des déplacements au sein d’un pays. Nous examinons ensuite comment ces réseaux varient selon les trajectoires sociales des individus. L’analyse s’appuie sur les données de l’Enquête Emploi en Continu (1982–2024), portant sur 1 095 031 individus. La mobilité spatiale est définie comme le fait de résider en dehors de sa région de naissance. Les résultats montrent que différentes trajectoires sociales sont associées à des réseaux spatiaux distincts. La mobilité des classes supérieures s’organise autour d’un réseau très centralisé de régions riches, formant des « autoroutes migratoires » qui relient des régions éloignées les unes des autres. À l’inverse, la mobilité spatiale des classes populaires s’inscrit plus souvent dans des clusters migratoires localisés, principalement guidés par la proximité géographique. L’origine sociale et la position sociale influencent l’une et l’autre la structure de ces réseaux. Ces résultats montrent que les conditions de vie se déploient dans des espaces géographiques distincts selon les groupes sociaux, soulignant l’importance des approches infranationales pour comprendre les conditions de vie des classes populaires.

La rediffusion, ainsi que les supports et ressources présentées durant l’intervention, seront également mises à disposition a posteriori sur le site du GdT.

Ce groupe de travail vise à explorer le renouvellement des sciences sociales face à l’essor des données numériques. Notre objectif est de concilier de nouveaux outils, souvent issus des sciences naturelles et computationnelles, avec la théorie sociologique classique au travers d’un dialogue réflexif et interdisciplinaire. Ce GdT se veut être un espace d’expérimentation concret qui démocratise ces techniques complexes par le partage de tutoriels, de démonstrations et de codes ouverts.

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