Séminaire du GEMASS
organisé par Marta VELJKOVIC, Floriana GARGIULO et Sofiane MAZIERES à la Maison de la Recherche (28, rue Serpente, 75006) et en visio en suivant ce lien
SEANCES A VENIR
30 janvier 2026, 10h00-11h30, Salle D035 – Amphi Molinié
Michel GROSSETTI, Directeur d’études de l’EHESS, Directeur de recherche au CNRS & membre du Laboratoire interdisciplinaire solidarités, sociétés, territoires (LISST)
Matière sociale. Esquisse d’une ontologie pour les sciences sociales
Ouvrage paru en avril 2022 aux éditions Hermann
27 mars 2026, 10h00-11h30, Salle D223
Anatolia BATRUCH, Maître assistante Ambizione FNS, centre LIVES – Universié de Lausanne
Revisiter les fondements théoriques et empiriques de la psychologie des classes sociales
17 avril 2026, 10h00-11h30, Salle D223
Philipp BRANDT, Assistant Professor à Sciences Po Paris, Centre de Sociologie des Organisations (CSO)
Inside Data Science: Hackers and the Making of a New Profession
Ouvrage paru en décembre 2025 chez Columbia University Press
Inside Data Science examines how data scientists defined their professional role and identity, offering an empirically rich and theoretically grounded account of the emergence of a new field. Philipp Brandt met data science’s early protagonists in New York City’s start-up spaces, coffee shops, and lecture halls, where they displayed a puzzling combination of enthusiasm and uncertainty. At these seemingly casual gatherings, data scientists devised the machinery for seeing the world through datasets while also analyzing the social context of their technical work. Retracing their conversations, Brandt demonstrates how the data scientist role emerged from the collective processing of personal struggles navigating the uncharted space between statistical expertise and coding skills. Offering a novel analytical lens and critical perspective on data science, this book shows how the interplay of personal reflection, technical rigor, and collective scrutiny gave the big-data era, for better or for worse, a human face.
29 mai 2026, 10h00-11h30, Salle D223
Julien VITORES, PRAG en sociologie, Université Sorbonne-Paris Nord
La nature à hauteur d’enfants. Socialisations écologiques et genèse des inégalités
Ouvrage paru en août 2025 aux éditions La Découverte
À partir d’une longue enquête de terrain auprès d’élèves âgés de trois à six ans et de leurs parents en région parisienne et dans une commune rurale du sud de la France, Julien Vitores montre comment les enfants se familiarisent à des usages de la nature très différenciés, selon leurs positions de classe et de genre. On comprend mieux ainsi en quoi acquérir le goût de l’effort en montagne ou le sens de l’observation en scrutant des insectes, apprendre à nommer les animaux ou les considérer comme des personnages, s’enthousiasmer pour la coupe des arbres ou vouloir les câliner peut contribuer à (re)produire des rapports au monde socialement situés.
À rebours des discours sur une nature à la portée de tous, l’auteur révèle les logiques de distinction à l’œuvre durant ces premières socialisations écologiques, dont témoignent les observations ethnographiques, mais aussi des jeux et des dessins. Sans nier l’intérêt de ces apprentissages et de la sensibilisation à l’environnement, il invite à tenir compte des inégalités sociales dès la petite enfance, afin d’envisager la nature comme un véritable bien commun au cœur d’un projet émancipateur.
19 juin 2026, 10h00-11h30, Salle D223
Marie PLESSZ, Directrice de recherche INRAE en sociologie
Changements de pratiques au fil du vieillissement et inégalités sociales : l’alimentation dans la cohorte épidémiologique GAZEL
SEANCES PASSEES
12 décembre 2025, 13h30-15h, Salle D223
-> Lien de connexion à suivre pour cette séance
Thomas LOUAIL, Chargé de recherche CNRS, membre du LabCom MIXTAPES
Articuler des données observationnelles de pratique, d’enquêtes et d’entretiens pour comprendre les pratiques contemporaines d’écoute de musique
14 novembre 2025, 13h30-15h, Salle D223
Magda BOUTROS, Sociologue, Assistant Professor à Sciences Po, membre du Centre de Recherche sur les Inégalités Sociales (CRIS)
Police, pouvoir épistémique, et mobilisations collectives
Ces dernières années, les violences policières et le racisme dans la police sont devenus des sujets récurrents – et clivants – du débat public en France. Dans un ouvrage à paraître chez Stanford University Press, The police, Activists, and Knowledge, Magda Boutros étudie les mobilisations collectives qui ont contribué à visibiliser ce sujet. Elle y analyse la manière dont les mobilisations résistent au pouvoir épistémique de la police, c’est-à-dire à sa capacité à déterminer ce que l’on sait et ce qui reste dissimulé des pratiques policières et des inégalités qu’elles génèrent. Sur la base d’une ethnographie au long cours, l’enquête compare trois stratégies militantes de production de connaissances, et montre comment chacune a façonné le discours des militants et leur influence sur le débat médiatique, judiciaire, et politique. Elle étudie notamment la manière dont les mobilisations ont tenté d’imposer un discours qui dépasse l’idée de “bavures” et met en lumière les dimensions systémiques et structurelles des violences policières et du racisme.
26 septembre 2025, 13h30-15h, Salle D223 (séance reportée)
David CHAVALARIAS, Mathématicien, directeur de recherche au CNRS et au Centre d’analyse et de mathématique sociales de l’EHESS & directeur de l’Institut des systèmes complexes de Paris
Toxic data. Comment les réseaux manipulent nos opinions
ouvrage paru aux éditions Flammarion
Qui était à la manœuvre de ces MacronLeaks ?
Le GRU russe, qui aurait hacké les boîtes mail, l’alt-right, l’extrême droite française… et 20 000 bots, des robots pilotés par intelligence artificielle. »
D’élection en élection, une lame de fond s’abat sur chaque citoyen : les réseaux sociaux nous manipulent et déchirent notre tissu social. De fait, la science révèle notre dangereuse inadaptation à la nouvelle donne numérique. Comment se prémunir des intoxications à l’heure du vote ? Une analyse stupéfiante doublée de pistes concrètes, tant individuelles que collectives, pour nous protéger et préserver nos démocraties.
23 mai 2025, 10h-11h30, Amphithéâtre Molinié
Marie-Clémence LE PAPE, Sociologue, maîtresse de conférences à l’ Université Lumière Lyon 2, membre du Centre Max Weber
Élise TENRET, Sociologue, maîtresse de conférences à l’Université Paris Dauphine-PSL, membre de l’IRISSO
Passage à l’âge adulte et financement par la famille : de l’apport d’une enquête par méthodes mixtes
Cette présentation prend appui sur une recherche menée auprès de parents de jeunes adultes, et mobilise à la fois les données de l’enquête ENRJ (enquête nationale sur les ressources des jeunes adultes de la DREES, réalisée en 2014) et des entretiens réalisés dans le cadre d’une post enquête (réalisée en 2016-2017 auprès de 40 parents ayant participé à ENRJ). L’analyse de ces matériaux nous permet d’étudier la manière dont les parents comptent et justifient les aides matérielles et financières apportée à leurs enfants. Nous montrons l’existence d’une tension entre, d’une part, des pratiques d’aide hétérogènes, voire inégalitaires et, d’autre part, l’attachement des parents à une norme égalitaire. Le recours à la notion de « fiction égalitaire » permet de penser cette tension et de tenir ensemble l’analyse des pratiques (ce qui est distribué) et les règles qui organisent ces échanges, avec des variations selon les ressources économiques et le statut conjugal des parents. La fiction égalitaire en famille se construit, se déploie et est entretenue d’une part par une mise en scène de l’égalité lors de moments ritualisés qui renvoient en coulisse les pratiques inégalitaires, et d’autre part par un travail relationnel des parents pour susciter l’adhésion autour du script et des termes de la fiction. Nous analysons également les différences de déclaration des parents selon le mode d’enquête : l’ « euro du quali » apparaît ainsi distinct de l’ « euro du quanti » et la confrontation des deux déclarations apparaît particulièrement heuristique pour comprendre la circulation de l’argent dans la famille et sa justification.
11 avril 2025, 10h-11h30, Amphithéâtre Molinié
Nicolas DUVOUX, Sociologue, professeur des universités à Paris 8, membre du CRESPPA
L’avenir confisqué. Inégalités de temps vécu, classes sociales et patrimoine
ouvrage paru aux PUF
Croisant réflexion spéculative et enquêtes sur le bas, le milieu et le haut de la société, Nicolas Duvoux montre comment le sentiment de l’avenir constitue un indicateur précieux, et irremplaçable, de la position sociale. La capacité subjective à se projeter positivement dans l’avenir constitue une clé de lecture de la société au double sens où elle permet de décrire la hiérarchie sociale mais aussi de rendre compte des relations inégalitaires qui s’y nouent et de leur reproduction. Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne face à la crise de l’avenir. Les plus dotés sont aussi les mieux à même de maîtriser l’avenir, individuel et collectif, ce qui entraîne anxiété et peur du déclassement au sein des classes moyennes, dépossession et insécurité radicale en bas de l’échelle sociale.
Sans renier la recherche d’objectivité scientifique mais au contraire en en raffinant les instruments, Nicolas Duvoux démontre comment la subjectivité peut servir de révélateur aux inégalités, notamment de classe sociale. Il fait ressortir l’importance du patrimoine économique à partir de la sécurité que sa possession procure – et de l’insécurité sociale endémique dans laquelle son absence plonge.
Prenant appui sur des travaux en philosophie, en psychologie ou en épidémiologie, il déploie une manière d’appréhender le monde social qui articule, sans les opposer, le présent, le passé mais aussi l’avenir tel que l’on se le projette, l’objectif et le subjectif, l’individuel et le collectif. Ce livre porte ainsi un regard sociologique sur le monde qui restitue l’épaisseur vécue de l’existence pour mieux penser les asymétries et formes de domination sociale, et il vise par là à réintégrer la sociologie dans un projet scientifique plus global.
28 mars 2025, 10h-11h30, Salle D040
Marie BERGSTRÖM, Sociologue, chargée de recherche à l’Ined
Présentation du dispositif d’enquête ENVIE
L’enquête Envie, pour Enquête sur la vie affective des jeunes adultes (Ined, 2023), est la première enquête en France spécifiquement consacrée à la sexualité des jeunes adultes (18-29 ans). L’originalité réside dans son approche relationnelle qui renouvelle la manière d’interroger la sexualité et permet de saisir la diversité contemporaine des liens intimes. La communication reviendra sur cette approche et son opérationnalisation empirique, et présentera les principaux résultats de l’enquête.
14 mars 2025, 10h-11h30, Salle D223
Maud GELLY, Sociologue, CRESPPA-CSU et Directrice médicale du centre d’IVG, hôpital Avicenne, APHP
Les politiques du tri. D’une épidémie à l’autre (sida, covid)
ouvrage paru aux éditions du Croquant
Les politiques publiques jouent un rôle majeur dans la distribution des biens de santé, et dans leur attribution sélective à certains groupes sociaux. Saisir la production des inégalités sociales face à la maladie et la mort, chercher à comprendre comment certains agents sociaux s’approprient des biens qui ont des effets favorables sur la santé, comment d’autres en sont privés, et identifier les propriétés sociales de ces agents, implique ainsi d’analyser les politiques qui conditionnent cette appropriation. En articulant deux enquêtes sur le dépistage du VIH et dans un hôpital public du Grand-Est pendant l’épidémie de covid, ce livre montre comment les politiques publiques objectivent, occultent, reproduisent et amplifient les inégalités sociales en matière de santé. Ces enquêtes explorent différents niveaux de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques dans le champ de la santé, et mettent en évidence les formes de ciblage et de tri qui les orientent.
31 janvier 2025, 10h-11h30, Amphithéâtre Molinié
Paola TUBARO, Économiste de formation, puis sociologue, Directrice de recherche CNRS & membre du CREST
La double empreinte de l’intelligence artificielle : impacts environnementaux et sociaux à travers la planète
Le concept de « double empreinte » constitue un outil heuristique pour analyser les impacts globaux de l’intelligence artificielle (IA) sur les environnements naturel et social, essentiels à sa production et son utilisation. Deux études de cas mettent en lumière les flux internationaux de matières premières et de travail de données, révélant une industrie structurée autour de pays leaders et suiveurs, reflétant les dynamiques héritées de précédentes vagues de mondialisation. Les pays leaders, grands demandeurs d’intrants, dépendent d’importations provenant des pays suiveurs, et transfèrent sur ces derniers les coûts environnementaux et sociaux via des chaînes d’approvisionnement globales. Ces pressions, concentrées dans les pays suiveurs, restent largement invisibles aux décideurs situés dans les pays leaders. L’inaction qui en résulte favorise des pratiques non durables, freine l’ascension des pays suiveurs et perpétue les inégalités mondiales.
Le séminaire du GEMASS se déroule le vendredi, avec une fréquence mensuelle, dans les locaux de la Maison de la Recherche (28, rue Serpente, 75006) et en hybride sur Zoom.
Le séminaire a pour vocation de devenir un rendez-vous d’une communauté large de chercheur·ses francophones en sciences sociales, indépendamment de leurs approches méthodologiques et de leurs domaines d’étude. La participation est ouverte au public. Les interventions seront donc structurées de manière à s’adresser à un auditoire large, qui n’est pas forcément expert du sujet traité.
Les interventions sont organisées collectivement par les membres du GEMASS, dans l’esprit de représenter la diversité des approches théoriques et méthodologiques du laboratoire.
Les présentations doivent porter sur des articles, ouvrages ou projets finalisés (qu’ils soient publiés ou non), plutôt que sur des travaux en cours.
